Genèse – 21 – Laeb

ILS N AVAIENT DE CETTE VIE - letcr1

En ces contrées nouvelles, qui apparaissaient à mesure que leurs yeux et leurs pas les créaient, Tamel et Damouce, un matin, rencontrèrent un humain.

Celui-ci se présenta à eux comme Laeb, berger des nuages dans leurs rêves et des moutons dans les siens.

Autant qu’eux même, Laeb se réjouissait de la rencontre et comme il n’avait jamais vu d’autres êtres semblables à lui et parlait pour la première fois à des oreilles qui pouvaient le comprendre, il décida que Tamel et Damouce ne pouvait être que son père et sa mère. Ainsi, il le furent.

Pour fêter ces retrouvailles, Laeb voulut partager avec eux son plus bel agneau.
De la flamme il les réchauffa, de la chair de l’animal il les nourrit, du noir de fumée il écrivit sur son front un court poème à leur louange sans oublier l’animal qui avait fait dont de lui-même et de la cendre il lava la peau de leurs membres, leurs troncs, leurs épaules et termina avec une grande délicatesse par leur visage.

Les deux enfants, aussi surpris que ravis, acceptèrent le tout avec bonheur, y compris cette paternité improbable. Quant à la chair de l’agneau, elle fut à leur palais succulente à souhait. En quelques mots ponctués de sourires joyeux, ils firent comprendre à Laeb qu’ils n’avaient, de cette vie là, jamais rien mangé d’aussi savoureux.

 

Genèse – 10 – Anima

DU SUD UN - letc1Cette nuit là fut sans rêve.

Puis il y eut l’aube nouvelle.


A l’instant où Tamel s’éveilla sous un soleil rayonnant, du Sud, un oiseau noir et blanc à grande queue traversa le ciel.

En son milieu, il croisa deux colombes qui volaient dans la direction inverse.

Une scène identique se déroulait simultanément au sol où, venant l’une d’Ouest et l’autre d’Est, les trajectoires parallèles d’un sanglier et de deux chevreuils se rencontrèrent à deux pas seulement du lieu d’où Tamel venait de les imaginer.